Libération le 12 juin

Publié le par nuit des écoles

Les parents préparent la «nuit des écoles»

VÉRONIQUE SOULÉ
QUOTIDIEN : jeudi 12 juin 2008

A Paris, les parents de l’école Vitruve, dans le XXe arrondissement, annoncent pour demain soir, à l’occasion de «la nuit des écoles»,«un délicieux buffet dînatoire, une projection de l’An 01 (Doillon/Gébé) avant l’occupation de l’école puis un petit-déjeuner partagé avec les autres écoles occupées».A Champigny, dans le Val-de-Marne, les parents de l’école Maurice-Thorez invitent à «une soirée conviviale de débats, de lutte et de fête barbecue» entre 20 heures et minuit.

Lancée par des parents d’élèves des Pays de Loire, haut lieu de la contestation actuelle dans le primaire, l’initiative a fait tâche d’huile. Il s’agit d’«éviter un réveil douloureux à la rentrée prochaine» et de protester dès maintenant contre les «mesures Darcos» qui vont la gâcher : notamment les nouveaux programmes du primaire, la suppression de deux heures de cours hebdomadaires, la Base élèves (un questionnaire jugé indiscret), l’entassement des élèves dans les classes, etc.

Hier le site coordonnant cette initiative (1) faisait état de 285 écoles inscrites, dans 39 départements. La Loire-Atlantique - et dans une moindre mesure le Maine-et-Loire - est de loin la plus mobilisée, avec une soixante d’écoles maternelles et primaires se préparant à une occupation nocturne. Paris annonce près de 50 établissements engagés - essentiellement dans les XVIIIe, XIXe et XXe, mais aussi dans les XXe et XIIIe - où des occupations ponctuelles ont lieu parfois depuis plusieurs semaines.

«Risques». Pour des raisons d’hygiène, l’inspecteur d’académie de Paris, Edouard Rosselet, a, dans un premier temps, décrété la fermeture des écoles concernées samedi matin. «Cette occupation se déroulera hors du cadre législatif et réglementaire concernant l’utilisation des locaux scolaires», écrit-il, «il n’est donc pas assuré que le nettoyage quotidien prévu par les textes puisse être effectué par les agents de la Ville de Paris.» Or, «les élèves ne sauraient être exposés à un risque sanitaire par l’autorité académique». Mais la mairie de Paris, qui a en charge les locaux du primaire et le personnel de service - le rectorat ayant, lui, autorité sur les enseignants -, a jugé inacceptable la «décision prise sans concertation». Et annoncé l’ouverture des écoles«dans le respect des règles d’hygiène». Une décision qui sera d’autant plus appréciée que dans plusieurs écoles la kermesse de fin d’année était prévue demain.

«Avenir». Au ministère de l’Education, on se voulait serein. Xavier Darcos, silencieux sur cette affaire, a vaqué à ses occupations. Il a d’abord présenté en Conseil des ministres le projet de loi, très contesté, instaurant un «droit d’accueil» pour les élèves de primaire lors des grèves enseignantes. Il a ensuite signé un texte avec sept organisations syndicales - dont le Snes-FSU majoritaire dans le secondaire - répertoriant «seize points de convergence» dans la réforme du lycée qui s’engage. Le ministre, habitué aux manifestations contre ses réformes, s’est à cette occasion félicité de signer «un texte de consensus». «Nous retrouvons cet accord de fond lorsqu’on parle des sujets qui engagent l’avenir des jeunes», a-t-il déclaré, loin du brouhaha autour de la «nuit des écoles».

(1) http://nuit.des.ecoles.over-blog.com/

Publié dans Revue de Presse

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