Bordeaux: des lumières de colère

Publié le par nuit des écoles

Un millier de parents d'élèves et d'enseignants hier sur le pont de pierre pour la Nuit des écoles

La salle de jeux de l'école Jean-Jaurès sent vachement bon. Il est 19 heures à Cenon, on est mardi et l'école élémentaire est occupée depuis ce matin par des parents d'élèves. Comme Léon-Blum un peu plus loin, il y a quelques jours. Comme à Floirac, comme à Lormont. Des gilets jaunes qui veulent attirer l'attention du ministre de l'éducation, Xavier Darcos, dont ils contestent les mesures. Une cinquantaine de parents ont apporté gâteaux, boissons et détermination. Le maire socialiste Alain David passe soutenir la cause. Dans deux heures, ils rejoindront l'avenue Thiers puis le pont de pierre.

Le mouvement est né à la fin de l'année sur cette rive droite. Le collectif des parents en colère a été rejoint par le collectif 33 des enseignants. Aujourd'hui, tout le monde est au sein de Sauvons l'éducation 33. Et, hier, c'est d'une cinquantaine d'écoles de toute l'agglomération et des deux rives que les parents et enseignants ont afflué. Un autre défilé lumineux éclairait Langon, un bal gascon se tenait à Cérons.

Rased et classes menacés

L'exemple de Jean-Jaurès à Cenon symbolise le tout : trois postes à disparaître sur le Rased (1), et une menace de fermeture de classe. « Trois ou quatre enfants sont concernés par le Rased dans chaque classe », explique Fatima Hda, déléguée FCPE. Pour la classe hypothéquée, l'incompréhension : « On compte 184 élèves pour neuf classes aujourd'hui », souligne Souad Atmani, autre mère d'élève. « On sait déjà qu'à la rentrée prochaine, ils seront 196 ! » « Il y a ici une moyenne de 21-22 élèves par classe et depuis quelques années un équilibre s'est créé, les enseignants restent », ajoute Mme Hda.

Dans chaque établissement mobilisé pour cette Nuit des écoles, un apéro/pique-nique s'est déroulé en amont de la descente sur le pont. « Les mesures d'évaluation des élèves et de mise en concurrence des écoles soulèvent aussi l'indignation », précise Brigitte Lopez, directrice de l'école bordelaise de la Benauge. Il est 21 h 15 et le cortège rassemblé arrive sur la place Stalingrad. Parents, instits, mais aussi beaucoup d'enfants. Quelques élus, dont les maires PS de Floirac et Lormont, Conchita Lacuey et Jean Touzeau. On voit des profs des lycées lormontais des Iris et Élie-Faure.

Une heure sur le pont

La rive droite est un peu en avance. Au milieu du pont, les manifestants voient arriver de la place de la Bourse les collègues de la rive gauche. Aussi nombreux (500 environ), parents et enseignants sont accompagnés d'étudiants. « On bloque notre IUT et on est venus soutenir l'école », explique Géraldine, flambeau en main.

21 h 40. La jonction se fait au son des cornes de brume, des youyous et d'accordéons révolutionnaires. « C'est un beau symbole, ce pont de la réunion », souffle une mère lormontaise. « Il y a quelques semaines, on empêchait les jeunes de le traverser pour aller manifester. » 22 h 30. Les cortèges se disent au revoir. Les « rive gauche » ont des tentations de balade en centre-ville.

(1) Réseau d'aide spécialisée aux élèves en difficulté.

 

25 mars 2009

http://www.sudouest.com/gironde/actualite/article/539531/mil/4324101.html

Publié dans Revue de Presse

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